C'était une perle, une vraie perle avec un cœur débordant d'amour. Une institutrice dévouée qui ne se préoccupait pas des
horaires dépassés pour s'occuper d'un enfant en difficultés psychologiques, mais pas intellectuelles. C'était une vraie vocation chez elle. Une institutrice de campagne, quelque part dans le
Tarn, à la fin des années cinquante, et au début des années soixante.
Les classes uniques sont des bijoux de culture. Elle dispensait son cours à une section, donnait un exercice, puis s'occupait d'un autre degré. Elle avait remarqué cette enfant à la santé fragile qui terminait en avance ses exercices et répondait aux questions de la section supérieure. Ses connaissances étaient irrégulières.
Conséquence d'avoir été maltraitée par cette folle de Vincennes qui ne supportait pas que l'enfant portât le même patronyme qu'elle.
Elle convoqua la mère de l'enfant pour lui proposer de lui donner des cours particuliers chaque soir.
- « Votre enfant est intelligente, mais elle a des lacunes. »
Chaque soir, après les cours, cette institutrice dévouée, patiente, s'occupa de moi, me redonna confiance. C'est elle qui m'a sauvée.
Merci, madame l'institutrice de m'avoir comprise et d'avoir consacré gratuitement, je le souligne, des heures au détriment de sa vie personnelle. Ma mère et elle devinrent amies.