Les choses sérieuses débutèrent à Dieulefit. Blancheneige, c’était des vacances. Pas d’école, juste quelques cours dispensés par une institutrice indulgente.
La terre blanche et poussiéreuse renvoyait la chaleur. Le taxi nous déposa devant la villa, ma mère, moi et ma valise. L’angoisse de l’abandon et de l’inconnu m’étreignait. Le voyage en autorail avait été épuisant, surtout pour ma mère qui souffrait du mal des transports (j’en ai, - hélas ! – hérité). L’assistante du médecin responsable nous accueillit avec une monitrice qui s’empara de mon bagage. Nous fûmes reçues par le docteur qui m’examina pendant que ma mère parlait, parlait, parlait, racontait toutes les misères que je lui causais en étant sans cesse malade. Dilatation des Bronches, DDB. Le médecin la laissait s’épancher en posant de temps à autre une question bien précise. Heureusement qu’elle n’a pas abordé le thème « caractère » ; je me serais encore retrouvée au piquet ! Quoique, je déblatère : pas avec ce docteur aux gestes délicats, à la voix douce et posée. Je l’ai aimé tout de suite. La monitrice revint me chercher. Il n’y eut pas d’embrassade, ma mère ne m’a pas dit ; « au revoir » et je ne l’ai plus revue pendant plusieurs mois.
« Je m’occupe de ton dortoir », m’expliqua la jeune dame en blouse blanche
Et sans plus d’autres paroles elle me conduisit au dortoir, une grande pièce en angle éclairée par trois grandes fenêtres. Le soleil donnait à plein. Mon lit était le premier près de la fenêtre qui s’ouvrait sur la façade que l’on apercevait quand on grimpait la colline. Elle me montra mon placard afin que j’y rangeasse mes affaires. Elle prit la poupée Bella que ma grand-mère maternelle m’avait offert. Elle l’examina et je sentais son admiration : elle était vraiment belle ma poupée avec ses cheveux blonds crantés, retenus sur la nuque dan un filet, son manteau en velours rouge vif, assorti à la robe. Pour nous les petites filles, une poupée, c’était important, très important. Ce n’était pas un jouet, c’était une personne, une compagne de solitude qui nous écoutait avec un sourire éclatant. Ses grands yeux bleus vous regardaient derrière des cils recourbés et longs qu’une star aurait enviés. La monitrice l’installa en position assise contre le polochon. Elle désigna l’ensemble du dortoir d’un geste ample :
« Tu vois, tout le monde a une poupée ou un poupon installé sur le lit. »
Je me sentis rassurée sur le sort de ma petite compagne muette, mais toujours souriante.
Tu as fini ?
Oui, madame
Tu m’appelles Elisabeth, comme tout le monde. Allez ! zou ! à l’infirmerie ! »
En ce lieu qui sentait l’éther l’on me saupoudra la tête de blanc et l’on enferma ma chevelure blonde et bouclée dans un bonnet de coton. Opération anti-poux pour les nouveaux arrivants !
(à suivre)
C'est triste quand même..
bonne journée
clem
Bonne soirée.
Bisous.
Bon dimanche Francine
Amicalement
Nettoue
J'ai utilisé la méthode poudre+ bonnet de douche, pour le fiston et moi, quand il en avait ramené de l'école et comme le soir je lui lisais les histoires de Boule et Bill tête contre tête ...
Bonne soirée.
que ça doit être triste pour une petite fille de voir partir sa mère sans avoir eu un gros calin et plein de bisous surtout lorsqu'elle sait qu'elle va en être séparée pendant^plusieurs mois ! en tant que mère , je n'aurais jamais pu faire ça !
quel courage tu as eu
bonne soirée bisous
Bonne soirée et profite bien de ta famille.
pas trop chaud ?
j'ai encore une poupée bella une petite -
ils étaient gentils là bas - mais pas de vie de famille -
quelle enfance tu as eu -
tu pourrais écrire un roman -
gros bisous Lady marianne
Bisous.
Ta mère allait pouvoir se reposer puisqu'elle n'aurait plus à te soigner..je ne suis pas tendre, mais vu la façon dont elle t'a quittée..
Un bisou à toi.
Les adultes nous respectaient, la discipline règnait.
Bonne soirée.
Oh là! Pas très réjouissant cette arrivée! surtout sans un au revoir tendre de la maman...

J'avais acheté des poupées Bella à mes jumelles et moi-même j'en avais une...
Bonne nuit
Bonne nuit Violette.
Bonsoir !
Je mesure mieux ma chance d'avoir eu une maman gentille et une grand' mère adorable .
Je n'aimais pas les poupées , mais j'avais un baigneur en céluloïde que je câlinait à longueur de journée .
Bon courage pour la publication de ces souvenirs d'enfant !
bisous
line
Je ne ressens pas ces souvenirs comme cruels. On me soignait, de façon qui nous paraîtrait achaïque aujourd'hui.
Ton petit déjeuner était savoureux.
Bises.