Lîle aux rêves

Vendredi 25 septembre 2009 5 25 /09 /2009 21:11

Il poussa doucement la porte, une lueur malicieuse dans le regard que capta son fils.

 

La famille Almaric au complet, les parents et les deux enfants, était alignée et cachait la vue sur le reste de la pièce. La petite fille, qui avait quatre ans, se trémoussait et gloussait dans sa menotte. Son frère, âgé de huit ans, lui donna un coup de coude pour qu’elle se calmât/

 

Yves, par-dessus la petite, avait aperçu Bella, l’épagneule bretonne qui venait de mettre bas dix chiots.

 

-      « Oh ! qu’ils sont mignons ! s’exclama-t-il et il bouscula les enfants Almaric pour se précipiter vers la litière fabriquée avec des planches, de la paille et une couverture. Le poêle était allumé et il faisait chaud. Yves s’accroupit et contempla les chiots qui tétaient leur mère en se piétinant les uns les autres. La chienne leva la tête pour regarder le garçon.

 

Par Francine Chauvet - Publié dans : Lîle aux rêves - Communauté : FORUM - LIBRE EXPRESSION
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Jeudi 6 août 2009 4 06 /08 /2009 19:11


 

3 ~ Retour à travers la forêt

 

Glamor gambadait tout excité d’avoir un compagnon de jeu. Rires d’enfant et jappements joyeux se mêlaient. Pierre Almaric cheminait derrière eux. Il se sentait heureux de leur présence animée et ludique. Yves avait ramassé un morceau de branche cassée et le lançait. Glamor courait comme un fou pour l’attraper et le ramener. Dans son élan, il dérapait, tombait parfois sur son arrière-train, mais rebondissait sur ses quatre pattes souples et filait déposer son trophée au pied d’Yves pour qu’il le relançât.

 

Pierre Almaric avait été un enfant aussi imprudent que le jeune Yves. Ses aînés, aussi anxieux que lui désormais, l’avaient maintes fois sermonné lorsqu’il partait à l’aventure  et oubliait l’heure de rentrée pour le dîner ou le souper. La paternité s’accompagne de la peur de perdre ses enfants, de les voir souffrir, d’être malheureux. Aujourd’hui, il se comportait comme les anciens. A ses trois enfants, il apprenait la forêt pour qu’ils la respectassent et en déjouassent les dangers. Son esprit fixé sur l’éducation des enfants, sa main plongea dans la poche à rabat cousue sur la jambe droite de son pantalon, agrippa la pipe dont le tuyau se retrouva coincé entre les dents et mâchouillé selon le rythme des fluctuations spirituelles. Il …


Yves s’était retourné et le regardait avec des yeux ronds et la bouche béante.


-      « Il ne faut pas fumer dans la forêt !

-      Je ne fume pas.

-      Alors, pourquoi vous avez votre pipe dans la bouche ?


Pierre glissa promptement l’objet du délit dans la poche à rabat. Quel idiot !


-      C’était machinal mon garçon. Quand je réfléchis, j’ai besoin de mâchouillé  le tuyau de ma pipe.

-      Et vous réfléchissiez à quoi ?

-      Qu’il faut que je t’apprenne la forêt.


Un large sourire et des yeux brillants récompensèrent l’idée du garde forestier.


-      J’en parlerai à ton père. Peut-être voudra-t-il nous accompagner puisqu’il est artiste peintre.

-      Moi aussi je veux dessiner la forêt.

-      Bien sûr. Au contraire, c’est une excellente idée ! Pour comprendre la nature, pour l’observer, il faut prendre son temps. Elle a son propre rythme et nous devons nous adapter à elle. Ecoute !  Ferme les yeux ! Ralentis ta respiration ; accorde-la avec le bruissement des feuilles bercées par le vent. »

 

 Ils s’étaient arrêtés et tendaient leurs oreilles. Le chien, assis sur son arrière-train, contre la jambe de son maître, haletait la langue pendante sur le côté et les regardaient avec incompréhension. Trop calme ce nouveau jeu. Puis, il s’allongea en travers du sentier, posa son museau sur une patte avant, les paupières tombèrent, se relevèrent, tombèrent, se relevèrent un peu moins haut à chaque fois, et, enfin se fermèrent.

Le garde, derrière le gamin, à sa droite se pencha vers son oreille et murmura :


-      « Tu entends ?

 

Un martèlement léger, rapide et continu se fit entendre et se termina en à-coups. Ensuite des « pit ! pit ! » aigus et  espacés s’élevèrent avant de se transformer en une cascade de sons modulés qui s’amplifièrent.


-      Alors, gamin ?

-      Le premier, c’est fastoche ! C’est un pic vert ! Le deuxième, je ne sais pas.

 

M. Almaric sourit :


- Tu n’as entendu qu’un seul oiseau et c’est un pic épeiche. E accent aigu, p, e, i, c, h, e.


Yves leva les sourcils et pencha la tête, le visage levé vers l’adulte :


-      Ah ? Quelle est la différence ?

-      Le pic vert ne martèle pas comme le fait le fait le pic épeiche pendant la saison des amours. Et, puis, à l’intérieur des forêts, ce n’est pas le territoire des pics verts. J’ai un livre et une cassette à la maison, Je te les prête, mais tu me promets de ne pas les abîmer.

-      Merci M. Almaric.

-      Allez ! En route, ! On nous attend à la maison.

-      Chez vous ?

-      Oui, chez moi.

-      Mais il faut que je rentre chez moi. Je vais me faire disputer. Je suis en retard


D’une pichenette entre les omoplates, le garde forestier poussa Yves devant lui.


-      Fais ce que je te dis et avance. Accélère, mon garçon ! »

 

La promenade et l’observation étaient terminées. Ils pressaient le pas, Glamor trottinant sur leurs talons. Une trouée  devant eux  éclaira le sentier, annonçant  l’orée. L’appel lointain d’un coucou accueillit leur sortie du bois et inspira ce commentaire à Yves :


-      « Je n’aime pas les coucous ! Ils volent le nid des autres !

-      Mère coucou guette l’envol d’une femelle d’une autre espèce pour y déposer son propre œuf. A la naissance, le jeune coucou jette les autres œufs et oisillons.

-      C’est cruel ! Je n’aime pas les coucous ! Je les déteste !

-      La nature n’est pas toujours gentille, dit M. Almaric se retenant de rappeler les imprudences de l’enfant qu’il avait trouvé endormi près d’un étang aux rives spongieuses et traîtresses.

-      Hum ! Hum ! » émis Yves du fond de la gorge.


Le sentier se transforma en allée cavalière. Au bout, la barrière en bois qui empêchait les quatre roues du tout- venant de pénétrer dans la forêt. De l’autre côté de la départementale étroite et bombée, s’ouvrait l’entrée de la cour de la maison forestière. La silhouette blanche d’une Golf garée devant la porte noua le ventre d’Yves et accéléra son rythme cardiaque. L’éraflure juste en dessous du rétroviseur droit, confirma sa crainte. Ouille ! Ouille ! Ouille ! qu’est-ce qu’il allait prendre !  Son père pouvait avoir des colères terribles. Il posa le pied sur le seuil de pierre incurvée en son milieu par des siècles de passage, et abaissa lentement le bec- de- canne dans l’espoir de ne pas se faire remarquer trop tôt. Une poigne ferme se referma sur le col de sa chemisette et le tira en arrière.


-      « Où vas-tu, bonhomme ? lui demanda son père en riant.


Soulagé,  Yves lâcha son carton à dessin et se jeta au cou de son père,  lui enserrant la taille de ses jambes. De surprise l’adulte faillit basculer en arrière.


-      Hé !  Bonhomme ! Doucement ! Lâche-moi ! Tu vas me faire tomber !

-      Je suis bigrement en retard, papa !

-      Ça, on peut le dire !  Heureusement que M. Almaric connaît les endroits où tu as l’habitude d’aller.


Yves grimaça un sourire.


-      Allez ! Viens ! C’est par ici que ça se passe !


Martin traversa la cour et attendit que son fils le rejoignît pour poser la main sur la poignée de la porte de la resserre.

 

jeudi 6 août 200906/08/2009 19:20:45

Par Francine Chauvet - Publié dans : Lîle aux rêves - Communauté : FORUM - LIBRE EXPRESSION
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Jeudi 30 juillet 2009 4 30 /07 /2009 12:18


Morphée le surprit, là, au bord de l’eau. Un sommeil profond, sans rêve. Le soleil poursuivait sa course, les ombres changeaient d’orientation et s’allongeaient au fur et à mesure. Un bourdon étourdi se posa sur l’épi blond roux de la chevelure ébouriffée et son chatouillement le réveilla. Il se donna une tape sur le sommet du crâne, mais le bourdon était loin. Il se redressa, encore tout engourdi, Il essuya le filet de bave qui avait coulé sur la commissure et le côté du menton. Il dormait toujours la bouche ouverte. Il ramassa son crayon dans l’herbe et son carton à dessin. Un craquement proche et un aboiement avivèrent son anxiété d’avoir ainsi tardé à rejoindre la maison familiale ; si son père était de méchante humeur, si sa mère était en panique, les cris suivis de la punition lui tomberaient dessus. Du degré de leur peur, dépendait l’importance de leur colère.

Un épagneul breton aux tâches rousses déboucha du sous-bois et se rua sur Yves. Il jappait de joie et le bousculait. Yves laissa tomber le carton à dessin, s’agenouilla et enlaça le cou du chien qui s’empressa de lui débarbouiller le visage à grands coups de langue bien mouillés. Yves s’essuyait en vain la figure, car le chien aussitôt relêchait. Les rires de l’enfant se mêlaient aux jappements joyeux.

Un craquement plus proche  et le garde forestier s’avança. Il attrapa l’épagneul par le collier :

-      « Au pied, Glamor ! 

Son regard se durcit quand il se posa sur Yves.

-      Encore en vadrouille, gamin ! Tu n’écoutes donc pas ce que je dis !

Yves, contrit, baissa la tête.

-      Je me suis endormi.

-      Ouais ! Ouais ! Ouais ! Ce n’est pas ce que je te reproche et tu le sais. Je t’ai déjà dit de ne pas t’aventurer seul dans les bois.

Une larme perla, qu’Yves essuya d’un revers de main souillée de terre. Il ramassa son carton à dessin et marmonna :

-      Je voulais dessiner l’étang.

-      Qu’est-ce que je t’ai dit la dernière fois ?

-      Qu’il fallait faire attention, que je pouvais me noyer.

Le garde leva les yeux au ciel, soupira et envoya une bourrade sur la nuque de l’enfant pour l’intimer à la marche.

jeudi 30 juillet 200930/07/2009 12:16:46

Par Francine Chauvet - Publié dans : Lîle aux rêves - Communauté : FORUM - LIBRE EXPRESSION
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Vendredi 24 juillet 2009 5 24 /07 /2009 00:00

Un zéphyr, léger et frais, frissonnait la surface sombre de l'étang, berçait les longues tiges des fleurs aquatiques, bruissait les feuillages, désordonnait la courte chevelure blond roux d'Yves qui rêvassait, pivotant son crayon rouge entre l'index et le majeur droits. Il était allongé à plat ventre dans l'herbe moussue et humide de la rive, Sa jambe droite  rythmait le mouvement du crayon. Il avait amené son carton à dessin, mais ne l'avait pas encore ouvert. Son esprit avait d'abord été accroché par les silhouettes colorées, que le soleil avait peintes sur la surface irisée de l'étang et que le vent déformait à sa guise. Les sens d'Yves happaient un flot d'informations captivantes qui le ballotaient d'une rêverie à l'autre. Les odeurs de terre mouillée dans laquelle la végétation se putréfiait et  de la vase qui teintait d'un vert brun opaque l'eau et qui s'insinuaient dans les sinus, irritaient l'arrière-gorge. Yves fermait les yeux pour mieux les humer, dilatait ses narines avec gourmandise, gonflait sa poitrine pour permettre à l'arbre de ses bronches d'emprisonner les senteurs. Ses oreilles enregistraient le bruissement du feuillage, le bourdonnement des insectes, le pépiement des oiseaux, le craquement d'une branche morte qui choit, la chute assourdie d'un fruit qui atterrit sur le sol pour l'ensemencer.

24/07/2009 12:41:25


Par Francine Chauvet - Publié dans : Lîle aux rêves - Communauté : FORUM - LIBRE EXPRESSION
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Mercredi 22 juillet 2009 3 22 /07 /2009 08:54


Bonjour à tous,

L'autre jour Lady Marianne, m'a lancé un défi : m'imaginer en garçon et raconter mon enfance, mon adolescence, ma vie d'adulte. Je pensais alors à deux ou trois articles. Un matin, j'ai ouvert un document word que j'ai personnalisé (j'aime bien les couleurs), et au lieu de deux ou trois articles, je me suis retrouvée avec le canevas d'un mini-roman. Pourquoi pas ? 

Comme je ne conçois plus de textes sans illustrations, j'ai dessiné un garçon, allongé sur le ventre, le crayon à la main et sa planche à dessin.

J'ai repassé le contour avec mon stylo plume pour qu'il ressorte mieux au scanner. Une fois  l'image sur l'ordinateur, je l'ai redimensionnée et  j'en ai pixellisé le contour à une largeur de 1pxl. Ensuite, la fantaisie m'a prise de coloriser avec painter X, logiciel que je ne connais pas du tout (et je n'ai pas trouvé de tutoriels en français). J'ai obtenu ceci :


Comme le programme télé ne m'intéressait pas, me barbait même., - rien sur aucune des chaînes TNT. (Pas question que je paye un abonnement pour voir les mêmes nullités qui passent depuis X décennies et que je peux regarder gratuitement) - j'ai ouvert une image qui me plaisait et  je me suis amusée à la peindre avec la fonction "Duplication rapide" et un duplicateur "soies humides".

Je sauvegarde en PSD (photoshop). C'est important quand on utilise plusieurs logiciels : le PSD, est lu dans Photoshop, Paint shop pro; Photo Filtre Studio.

J'ai ouvert PSP X2 et placé mon personnage au bord de l'eau. J'ai rajouté des bordures en y appliquant des effets.

Voilà pour le partage, maintenant, je retourne à mon plan.

Par Francine Chauvet - Publié dans : Lîle aux rêves - Communauté : FORUM - LIBRE EXPRESSION
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